La convention entre les médecins et la Caisse nationale de santé (CNS) n’est pas renouvelée. Celle qui lie la CNS aux laboratoires d’analyses médicales prend le même chemin. De quoi inquiéter une population très attentive à la qualité et au coût de ses soins. Pourtant, à court terme, cela ne changera rien aux remboursements des patients.
Un malentendu sur le rôle des conventions
Pour le grand public, c’est dans ces conventions que se joue la question cruciale du niveau de remboursement des soins. « Ce qui n’est pas le cas », corrige la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Martine Deprez, qui reconnaît que la confusion peut relever d’un manque d’explication de la part de ses services — et d’une architecture logique, mais restée obscure.
Le système luxembourgeois repose en réalité sur trois piliers distincts : les conventions, les statuts de la CNS et la nomenclature. Chacun a ses compétences et ses prérogatives précises, et les acteurs eux-mêmes ne s’y retrouvent pas forcément tous.
Les conventions, elles, organisent les relations entre la CNS et les prestataires de soins. Celle des médecins lie la caisse à l’Association des médecins et médecins-dentistes du Luxembourg (AMMD) ; les laboratoires sont représentés par la Fédération luxembourgeoise des laboratoires d’analyses médicales (FLLAM). Leur rôle est essentiellement administratif : elles fixent les modalités pratiques des relations entre les parties et la valeur des « lettres-clés ».
Le vrai enjeu est ailleurs
Derrière ce qui ressemble à un séisme se joue une bataille bien plus lourde de conséquences : celle du financement de l’assurance maladie, de l’évolution des honoraires et du risque de voir s’installer une médecine à deux vitesses. Ce sont ces négociations-là — sur le niveau des remboursements, notamment — qui détermineront ce que les assurés paieront réellement de leur poche dans les années à venir.
Un sujet qui concerne directement les frontaliers : affiliés à la sécurité sociale luxembourgeoise, ils dépendent des mêmes règles de remboursement que les résidents pour les soins reçus au Grand-Duché.
Sources : Paperjam
Photo : Paperjam
