La vignette belge pourrait bien s’arrêter à la frontière. C’est en tout cas ce que le gouvernement luxembourgeois cherche à obtenir de la Wallonie. Dans sa réponse du 21 août à une question parlementaire du député Marc Hansen, il indique avoir interrogé son homologue wallon sur « la possibilité d’une mise en place d’une zone frontalière exemptée de redevance ».
L’argument avancé est simple : une telle dérogation préserverait les déplacements de proximité indispensables au fonctionnement des bassins de vie transfrontaliers. Le Luxembourg a également demandé une exemption pour certaines catégories de voyageurs, comme les frontaliers belges ou les services d’urgence et de secours.
Ce que prévoit la vignette belge
Le projet belge doit entrer en vigueur au printemps 2027. La Wallonie, la Flandre et Bruxelles se sont mises d’accord sur une vignette numérique commune, applicable aux voitures, aux voitures mixtes et aux camionnettes de moins de 3,5 tonnes — qu’elles soient immatriculées en Belgique ou à l’étranger.
Les tarifs annoncés : 100 euros par an pour un véhicule Euro 4 ou plus, 125 euros pour les véhicules Euro 0 à 3, et 90 euros pour les véhicules zéro émission. Des formules plus courtes sont prévues : 24 heures, dix jours, un mois et deux mois. Le contrôle reposera notamment sur des caméras capables de reconnaître les plaques d’immatriculation.
La crainte d’un empilement de péages
Ce qui inquiète le gouvernement luxembourgeois, ce n’est pas seulement la vignette belge prise isolément. C’est l’accumulation. D’autres formes de taxation routière progressent en parallèle en Lorraine, et l’exécutif redoute à la fois une addition de charges pour les usagers et des reports de trafic à l’intérieur de la Grande Région — autrement dit, des automobilistes qui contournent les axes payants et viennent saturer les autres.
Concrètement, pour qui ?
Pour un résident du Grand-Duché qui traverse régulièrement la frontière belge — courses, école, travail, famille — l’addition atteindrait 100 euros par an dans le scénario actuel. Même chose, en sens inverse, pour les nombreux frontaliers belges qui viennent travailler au Luxembourg et empruntent le réseau wallon chaque jour.
À ce stade, il ne s’agit que d’une demande. Rien n’indique que la Wallonie l’acceptera, et le calendrier laisse encore plusieurs mois de négociation avant l’échéance de 2027.
Sources : Paperjam
Photo : Paperjam
