Le 2 août dernier, l’incendie du site Safe Suez, dans la zone industrielle de Gandrange à Amnéville (Moselle), avait contraint quelque 30 000 habitants à rester confinés pendant plusieurs heures. Trois semaines plus tard, le rapport de l’inspection des installations classées, publié cette semaine par la préfecture de la Moselle, explique pourquoi la lutte contre les flammes a été si compliquée.
Pas une goutte dans le réseau
Le constat central est brutal : le jour du sinistre, il n’y avait pas d’eau dans le réseau anti-incendie du site, en raison d’une opération de maintenance « programmée par le prestataire de réseau ». Conséquence directe, les dispositifs d’extinction automatique n’ont pas pu se déclencher dès les premières fumées.
La détection incendie, elle, ne s’est mise en route que 25 minutes plus tard — un délai que la préfecture qualifie d’« inadapté ». Puis l’absence d’eau « a compliqué l’intervention des services de secours ».
Pomper dans la rivière, faute de mieux
Le réseau a bien été rempli en urgence au cours de la journée, en pompant dans la rivière voisine, mais sans jamais fournir un débit suffisant. La préfecture a demandé des explications sur ce point à l’exploitant, Suez Alternative Fuels & Energies.
Pour compenser le manque d’eau, l’entreprise avait stocké un volume dans un bassin normalement destiné à recueillir les eaux d’extinction en cas d’incendie. Une parade que les autorités jugent « pas conforme ». Et qui n’a servi à rien le jour J : la chaleur dégagée par le brasier a empêché les pompiers d’accéder à ce bassin. Ils ont finalement dû stocker les eaux utilisées dans une cuve qui n’était pas prévue pour cela.
Mise en demeure avant le 31 août
La préfecture a adressé une mise en demeure à l’entreprise concernant ce bassin, avec obligation de se mettre en règle avant le 31 août. Elle exige également une mise en conformité sur la liste des matières stockées sur le site, qui était incomplète — un point loin d’être anodin sur une installation classée Seveso, où l’inventaire conditionne la stratégie d’attaque des secours.
Les causes de l’incendie, elles, n’ont pas encore été établies. Pour les habitants de la vallée de la Fensch et de l’Orne, comme pour les frontaliers qui empruntent l’A4 et l’A30 chaque matin, le dossier reste ouvert : ce site industriel se trouve à une vingtaine de kilomètres seulement de la frontière luxembourgeoise.
Sources : RTL Frontières
Photo : RTL Frontières
