Le ministère français de l’Intérieur vient de publier les statistiques 2024 des voitures radars privées. En Lorraine, ces véhicules banalisés ont effectué plus de 775 000 contrôles sur l’année — et les routes menant au Luxembourg figurent parmi leurs terrains de chasse préférés.
Un dispositif qui ne s’arrête jamais
Les chiffres nationaux donnent la mesure du phénomène. Sur l’ensemble de la France, les voitures radars privées ont circulé 366 jours en 2024 — l’année était bissextile, autrement dit elles n’ont pas pris un seul jour de repos. Au total : 9 636 039 contrôles effectués et 989 411 excès de vitesse constatés, soit un taux d’infraction de 10,27 %.
Environ 230 voitures radars confiées à des entreprises privées étaient en service en 2024. Elles utilisent un flash infrarouge, invisible pour les usagers : impossible de savoir sur le moment que l’on vient d’être flashé. L’avis de contravention arrive plusieurs jours plus tard dans la boîte aux lettres.
Sécurité routière ou recette fiscale ?
Le dispositif, géré par des opérateurs privés comme la société Mobiom, continue de diviser. Ses défenseurs y voient un outil de sécurité routière déployé de manière imprévisible, donc dissuasive. Ses détracteurs dénoncent une machine à contraventions confiée au privé, dont la logique s’éloignerait de la seule prévention des accidents.
Le principe n’est pas récent : l’expérimentation de ces voitures radars avait été décidée par un Comité interministériel de la sécurité routière en 2015, avant une montée en puissance progressive et une extension région par région.
Ce que ça change pour les frontaliers
Pour les dizaines de milliers de Lorrains qui rejoignent chaque matin le Grand-Duché, l’information est très concrète : les axes les plus empruntés vers la frontière luxembourgeoise sont particulièrement surveillés. Rouler dans un flux dense ne protège de rien — la voiture radar circule dans le trafic, à la vitesse autorisée, et contrôle les véhicules qu’elle croise comme ceux qu’elle dépasse.
Avec un taux d’infraction national de plus de 10 %, un contrôle sur dix se solde par un excès de vitesse constaté. De quoi inviter à lever le pied, y compris sur les portions où l’on ne voit aucun radar fixe.
Sources : RTL Frontières
Photo : RTL Frontières
