« Malheureusement, une explosion a eu lieu. » Michel Liebgott, maire de Fameck, n’en revient toujours pas. Jeudi 3 septembre, peu après 16 h 20, une forte détonation a retenti à l’arrière de l’hôtel de ville de cette commune de Moselle, dans un secteur d’où partent chaque jour de nombreux travailleurs frontaliers vers le Grand-Duché.
Une poudre reçue par courrier
Le fourgon des démineurs, venus de Nancy, était stationné derrière la mairie. Les experts y analysaient une poudre contenue dans une lettre de menaces adressée au maire. C’est au cours de ces manipulations que la substance a explosé, à l’intérieur même du véhicule.
Deux démineurs ont été légèrement blessés. Des témoins présents sur place décrivent le même choc : « On a entendu une forte détonation. » L’intervention, qui devait précisément servir à écarter un danger, a fini par le provoquer.
Un élu visé par des menaces
L’affaire dépasse le simple fait divers. Elle rappelle l’exposition croissante des élus locaux à des courriers et à des colis malveillants, un phénomène qui a conduit ces dernières années les mairies à durcir les procédures de traitement du courrier suspect. En l’occurrence, le protocole a fonctionné : la lettre n’a pas été ouverte et manipulée par les services de la commune, mais confiée à des spécialistes.
Reste que le caractère explosif de la poudre change la nature du dossier. Envoyer une substance capable de détoner à un maire ne relève plus de l’intimidation par courrier : c’est un acte susceptible de blesser, et il a blessé.
Pour les habitants de la vallée, la scène a de quoi marquer : une déflagration en plein après-midi, à quelques mètres des bureaux municipaux, dans une commune où la mairie reste un lieu de passage quotidien. Les deux démineurs, eux, s’en sortent avec des blessures légères — l’issue la moins mauvaise possible.
Sources : Le Quotidien
Photo : Le Quotidien
