Le chiffre est vertigineux. Le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé jeudi, à l’unanimité, un plan de restructuration d’une ampleur inédite : au total, 100 000 postes seront supprimés en cinq ans, soit environ 15 % des effectifs mondiaux du groupe.
Ce que contient le « Plan d’avenir 2030 »
Baptisé « Plan d’avenir 2030 », le dispositif prévoit la suppression d’environ 50 000 postes supplémentaires dans le monde d’ici la fin de la décennie. Ils viennent s’ajouter aux 50 000 déjà décidés en Allemagne depuis 2024, principalement sur la marque VW. L’addition atteint donc 100 000 emplois pour un groupe qui rassemble dix marques, de Volkswagen à Audi, Porsche, Seat ou Skoda.
Aucun constructeur allemand n’avait engagé une opération de cette taille. Le vote unanime du conseil de surveillance, où siègent aussi les représentants des salariés, permet d’éviter — au moins temporairement — un affrontement social majeur, alors que la direction justifie sa décision par la pression concurrentielle qui pèse sur le secteur.
Un timing politiquement explosif
L’annonce tombe trois jours avant un scrutin régional très surveillé en Saxe-Anhalt, dans l’est de l’Allemagne, où l’extrême droite pourrait décrocher la majorité absolue et gouverner un Land — une première dans l’Allemagne d’après-guerre. Un scénario catastrophe pour le chancelier conservateur Friedrich Merz, dont l’impopularité atteint déjà des niveaux record.
Une onde de choc jusqu’à la Grande Région
Vue depuis le Luxembourg et la Lorraine, la nouvelle n’a rien d’abstrait. L’automobile allemande irrigue tout un tissu de sous-traitants, de logisticiens et de prestataires industriels de part et d’autre du Rhin comme de la Moselle, et la santé de Volkswagen sert depuis des décennies de baromètre à l’ensemble de la filière européenne. Quand le premier constructeur du continent taille dans ses effectifs à cette échelle, c’est un signal envoyé à toute la chaîne, y compris aux entreprises de la Grande Région qui travaillent pour elle.
Reste une inconnue de taille : le calendrier précis et la répartition géographique de ces suppressions, qui détermineront l’ampleur réelle du choc pour chaque bassin d’emploi.
Sources : RTL Infos
Photo : RTL Infos
