Ils travaillent dans les mêmes bureaux, parfois dans la même équipe, mais ils ne regardent pas leur employeur de la même façon. Selon le Baromètre Salariés d’Edenred Luxembourg, 24 % des frontaliers envisagent de quitter leur entreprise dans les douze prochains mois. Chez les résidents, la proportion descend à 18,5 %.
L’écart est intéressant, mais c’est surtout le motif qui change tout.
Le salaire d’un côté, l’ambiance de l’autre
Le frontalier qui songe au départ le fait d’abord pour le salaire et les perspectives de carrière. Le résident, lui, part plutôt à cause de la qualité du management et de l’ambiance de travail. Deux profils, deux déclencheurs — et donc deux politiques de fidélisation à mener en parallèle dans la même entreprise.
« Au Luxembourg, la rétention des talents ne se joue pas sur un seul levier. Comprendre les attentes spécifiques de chaque profil, résident ou frontalier, c’est ce qui fait vraiment la différence », résume Patrick Langlois, directeur général d’Edenred Luxembourg.
Satisfaits de leurs avantages… et pourtant prêts à bouger
Le paradoxe mérite d’être noté : 64 % des frontaliers se disent satisfaits de leurs avantages salariés, contre seulement 41 % des résidents. La satisfaction la plus élevée va donc de pair avec la plus forte envie de partir. Signe que, côté frontalier, l’arbitrage se fait surtout sur la fiche de paie et la trajectoire professionnelle, pas sur les périphériques.
Les préférences divergent d’ailleurs aussi sur ce terrain. Les frontaliers placent en tête la prime ou le bonus variable (54 % les jugent les plus attractifs). Les résidents, eux, réclament d’abord des jours de congé supplémentaires (64 %).
La pression budgétaire explique une partie du décalage. Côté résidents, 82 % citent le coût du logement comme principal frein financier et 72 % pointent le coût de la vie en général — deux postes sur lesquels un frontalier installé en Lorraine, en Belgique ou en Sarre est mécaniquement moins exposé.
Ce que les employeurs doivent en retenir
« Les avantages salariés jouent un rôle égalisateur », estime Patrick Langlois. « Ils permettent aux entreprises de toutes tailles d’attirer et de fidéliser, qu’il s’agisse d’un résident ou d’un frontalier. Mais les leviers ne sont pas les mêmes selon les profils et il faut adapter sa politique RH en conséquence. »
Pour les quelque centaines de milliers de travailleurs qui franchissent chaque jour la frontière, le message est tout aussi clair : le marché reste suffisamment tendu pour qu’un quart d’entre eux envisage sérieusement d’aller voir ailleurs.
Sources : L’essentiel
Photo : L’essentiel
