Il ne reste presque rien du plus ancien marché alimentaire couvert de Paris. Le Marché des Enfants Rouges, dans le IIIe arrondissement, a été ravagé par un incendie dans la nuit de dimanche à lundi. Les pompiers ont reçu l’alerte à 4 h 15.
« Le marché a été totalement détruit, il ne reste plus rien du marché couvert », a déclaré sur place le lieutenant-colonel Pierre de Bouvier à la presse, au petit matin. La « structure métallique » du bâtiment était « partiellement effondrée à l’intérieur ».
Un seul blessé léger, les immeubles voisins épargnés
Le bilan humain est heureusement très limité : un pompier a « fait un léger malaise », et aucune autre victime n’est à déplorer. L’intervention a mobilisé quelque 150 pompiers et une cinquantaine de véhicules.
« Nous sommes maîtres du feu, donc il ne va pas sortir du marché couvert », indiquait le lieutenant-colonel de Bouvier. Un point confirmé par le maire de Paris Centre, Ariel Weil, venu sur place : « Le pire a pu être évité, il n’y a aucune contamination aux immeubles voisins. » Dans ce quartier dense du Marais, où les bâtiments se touchent, la précision n’est pas anodine. Les pompiers sont « intervenus avec force et efficacité dans un lieu qu’ils connaissaient heureusement bien », a-t-il ajouté.
L’origine du sinistre n’était pas connue dans l’immédiat.
Quatre siècles d’histoire parisienne
Fondé en 1615, le Marché des Enfants Rouges était le plus ancien marché alimentaire couvert de la capitale. Il avait été classé monument historique en 1982.
Son nom vient des vêtements d’étoffe rouge que portaient les orphelins accueillis dans un hôpital créé en 1536 à proximité par Marguerite de Navarre, sœur de François Ier. L’établissement a fermé en 1772 ; c’est à la fin du XVIIIe siècle que le marché a été baptisé en mémoire de ces « enfants rouges ».
Devenu au fil des décennies un lieu de restauration très fréquenté, autant par les habitants du Marais que par les visiteurs de passage, il figurait sur à peu près toutes les listes d’adresses parisiennes à ne pas manquer — y compris pour les Luxembourgeois et les Lorrains qui descendent à Paris le temps d’un week-end.
Sources : Le Figaro, L’essentiel
Photo : Le Figaro
