Luxembourgeois obligatoire : le gouvernement dit non et mise sur l’entreprise

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« On n’a jamais autant appris le luxembourgeois qu’en ce moment. » C’est par cette phrase que le ministre de la Culture, Eric Thill (DP), a répondu mercredi matin à la Chambre des députés aux partisans d’un apprentissage obligatoire de la langue nationale. Réponse claire : ce ne sera pas obligatoire.

Une pétition largement au-delà du seuil

Le débat public portait sur une pétition qui demandait de rendre obligatoire l’apprentissage du luxembourgeois. Elle a recueilli plus de 8 000 signatures, alors que 5 500 suffisent à déclencher un débat à la Chambre.

Le pétitionnaire, Dave Delvaux, a tenu à désamorcer d’emblée la polémique : sa démarche n’est pas dirigée contre le français ou l’allemand. Ce qui l’inquiète, ce sont les chiffres récents du Statec, qui pointent un « déclin » du luxembourgeois. « Seulement 61,2 % de résidents le parlent habituellement à la maison, à l’école ou au travail », regrette-t-il. À ses yeux, rendre les cours obligatoires rendrait la langue plus visible et donnerait aux travailleurs frontaliers et aux expatriés davantage de motivation pour l’utiliser.

Le problème du temps, pas de la volonté

Corinne Glesener, qui fait partie des plus de 200 personnes enseignant le luxembourgeois comme langue étrangère, a livré un constat de terrain : « La plupart s’inscrivent au cours de luxembourgeois pour mieux s’intégrer, mais de nombreuses personnes abandonnent en cours de route car elles ne trouvent plus le temps dans des journées souvent chargées. » L’INLL ne dispose d’aucune statistique sur le taux d’abandon de ces cours. Elle estime par ailleurs qu’un bon nombre de ses élèves n’ont pas réellement l’occasion de pratiquer la langue au quotidien.

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La réponse du gouvernement : des cours sur le lieu de travail

Pour le ministre Thill, la clé n’est pas la contrainte mais la méthode. Le gouvernement veut développer l’offre de cours dispensés sur le terrain, pendant les heures de travail. Plutôt que d’ingurgiter des règles de grammaire rigides, les salariés y découvriraient du vocabulaire répondant à un besoin concret, lié à leur métier. Deux projets pilotes ont déjà été lancés, avec la Croix-Rouge et une maison de retraite à Bettembourg.

Des cours de luxembourgeois pourraient également être proposés prochainement à l’Université de Louvain, en Belgique. Le ministre, qui a rappelé le nombre de mesures déjà prises pour valoriser la langue, s’engage à créer les outils nécessaires pour inciter les gens à l’étudier — mais pas à les y obliger.

Pour les quelque 200 000 frontaliers qui travaillent au Grand-Duché, la différence est loin d’être théorique : un cours intégré à la journée de travail, c’est une barrière de moins. C’est aussi, dans le secteur des soins ou du contact avec le public, le seul format qui tient la distance.

Sources : L’essentiel

Photo : L’essentiel

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