Deux dates lorraines, deux positions municipales opposées, et désormais une lettre ouverte. Sept associations et collectifs féministes et LGBTI+ appellent « solennellement » à l’annulation des concerts de Patrick Bruel prévus les 24 et 25 octobre à Nancy et à Amnéville.
Nancy dit non, Amnéville dit oui
Dès le mois de mai, le maire de Nancy Mathieu Klein avait déclaré le chanteur indésirable dans sa ville et réclamé l’annulation du concert programmé au Zénith le 24 octobre. Patrick Bruel fait à ce jour l’objet de huit plaintes pour viols et agressions sexuelles.
À une cinquantaine de kilomètres de là, le maire d’Amnéville Grégoire Laloux n’y voit au contraire aucune objection pour la date du lendemain au Galaxie. Son argument : « la présomption d’innocence ne doit pas être à géométrie variable ».
« Non à la tournée de la honte »
Cet argument ne convainc pas les signataires de la lettre ouverte : Je suis féministe ! Nancy, le Planning familial du 54 et du 57, Équinoxe centre LGBTI+, le collectif féministe La Grenade à Metz, La Zouzerie dans les Vosges et Force féministe à Metz.
« Nous refusons d’exposer les victimes, le public et les équipes de la culture à cette tournée », écrivent-ils. Ils posent aussi une question de fond : « Comment la justice peut-elle instruire sereinement ces affaires alors que l’artiste bénéficie simultanément d’une tribune promotionnelle hors norme ? »
Quant à la présomption d’innocence invoquée à Amnéville, les militants la rejettent comme argument recevable en l’espèce. Ils avancent le nombre de témoignages concordants — une trentaine — et l’ouverture d’instructions judiciaires, deux éléments qui selon eux « ne peuvent être ignorés au nom du simple divertissement commercial ».
Une tournée déjà largement amputée
La contestation n’est pas propre à la Lorraine. À ce jour, 23 concerts de cette tournée auraient déjà été annulés ailleurs en France. Les deux dates lorraines figurent donc parmi celles qui tiennent encore, ce qui explique la pression exercée par les collectifs sur les organisateurs et les salles.
Pour les spectateurs de la Grande Région, dont beaucoup de résidents luxembourgeois et de frontaliers qui fréquentent régulièrement le Zénith de Nancy et le Galaxie d’Amnéville, la question reste ouverte : à deux mois de l’échéance, aucune des deux salles n’a annoncé de décision.
Sources : Le Quotidien
Photo : Le Quotidien
