16 euros en 2023, près de 60 euros trois ans plus tard. Entre les deux, le produit n’a changé ni de fonction ni de composition. Cette hausse apparaît dans la nouvelle liste des médicaments commercialisés publiée par la Caisse nationale de santé, et elle constitue le record de la période.
Ce que révèle la comparaison
En confrontant cette liste aux nomenclatures valables aux 1er août 2023, 2024 et 2025, il est possible de suivre 5 233 références — un dosage, une forme ou un conditionnement différent constituant à chaque fois une référence distincte. Résultat : 2 322 d’entre elles, soit 44,4 %, coûtent plus cher en 2026 qu’en 2023. Le prix baisse pour 618 références et reste identique pour 2 293 autres.
En moyenne, la progression n’est que de 1,83 %. Un chiffre qui masque deux choses. D’abord des mouvements spectaculaires, noyés dans la masse. Ensuite un biais méthodologique à garder en tête : dans ce calcul, une boîte rarement délivrée pèse autant qu’un médicament pris quotidiennement. Sans les volumes de consommation, les prix d’achat nets et les éventuelles remises, cette moyenne ne mesure ni la dépense supplémentaire de la CNS et des hôpitaux, ni celle des patients.
Des perfusions, pas des traitements de pointe
Le record revient au Ringer-Lactat nach Hartmann de B. Braun. Ce produit apporte par perfusion de l’eau et des sels minéraux, notamment en cas de déshydratation ou de perte de volume sanguin. Son conditionnement de dix unités coûtait 16,38 euros en août 2023. Il est passé à 59,82 euros dès août 2024, avant de se stabiliser : une hausse de 265,2 %.
Le même mouvement touche trois autres solutions de la même gamme, avec des augmentations comprises entre 149,5 % et 182,4 % selon le format et la composition. Le conditionnement le plus cher passe ainsi de 29,20 euros à 82,47 euros.
Il ne s’agit donc pas d’innovations médicales coûteuses, mais de produits de l’équipement thérapeutique ordinaire des hôpitaux, qui servent aussi de support à l’administration d’autres traitements. Leurs prix, jusqu’ici très inférieurs à ceux de leurs concurrents, ont surtout rejoint ceux de Fresenius — un rattrapage plus qu’une flambée générale.
Le cas illustre la marge de manœuvre réduite du Grand-Duché. Le contrôle luxembourgeois des prix s’exerce sur un marché européen de produits indispensables, où les décisions industrielles se prennent ailleurs.
Sources : Paperjam
Photo : Paperjam
