Les vignerons de la Moselle luxembourgeoise ont pris plusieurs semaines d’avance sur le calendrier habituel. Les premières grappes ont été cueillies dès le 17 août à Wintrange, une date qui constitue un « record de précocité », selon le communiqué du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Viticulture publié le vendredi 4 septembre.
Le même jour, la ministre Martine Hansen participait aux vendanges de l’Institut viti-vinicole (IVV) à Remich, en compagnie du président de la Chambre des députés Claude Wiseler et de plusieurs représentants de la filière.
Un cycle accéléré depuis l’hiver
Cette précocité ne s’est pas jouée en quelques jours de chaleur. Depuis l’hiver, la vigne traverse chaque étape de son développement plus tôt que d’habitude, du débourrement à la maturité. La canicule et la sécheresse ont encore accéléré ce calendrier, au point d’obliger les viticulteurs à irriguer les jeunes plantations pour limiter le stress hydrique — une pratique encore inhabituelle sur ces coteaux.
Le revers est connu : le manque d’eau réduit la taille des grappes, et la récolte s’annonce inférieure à la moyenne. Un point positif cependant, le risque de maladies fongiques reste faible, la sécheresse ayant privé mildiou et oïdium de l’humidité dont ils ont besoin. Moins de traitements, moins de pertes sanitaires, mais moins de jus dans les cuves.
Peu de volume, beaucoup de concentration
Car si les raisins sont petits, ils sont denses. Le ministère relève une bonne concentration aromatique, de quoi laisser entrevoir un millésime de qualité. C’est l’équation classique des années chaudes : le vigneron perd en quantité ce qu’il gagne en intensité.
Le vignoble luxembourgeois cultive principalement du rivaner, du pinot gris, de l’auxerrois, du pinot blanc et du riesling. Des cépages blancs dont l’équilibre repose justement sur l’acidité, et que des étés de plus en plus chauds obligent à vendanger toujours plus tôt pour éviter de perdre cette fraîcheur caractéristique des vins de la Moselle.
Concrètement, pour le consommateur de la région, ce genre de millésime se traduit rarement par une baisse de prix : des volumes réduits sur une appellation déjà petite laissent peu de marge aux producteurs. En revanche, les amateurs de blancs amples et aromatiques devraient y trouver leur compte. Les vendanges, elles, se poursuivent le long des coteaux entre Schengen et Wasserbillig.
Sources : Paperjam
Photo : Paperjam
