Six jours après le départ du feu, les autorités belges ont annoncé jeudi que l’incendie des Hautes Fagnes était « désormais contrôlé dans son ensemble et ne devrait plus progresser si les conditions météorologiques restent similaires à celles actuellement observées ». La prudence reste de mise : les pompiers ont dû intervenir à plusieurs reprises dans la nuit de mercredi à jeudi pour éteindre de nombreuses reprises de feu, et une cinquantaine d’hommes étaient encore sur le terrain jeudi.
La Belgique, comme une bonne partie de l’Europe, sort d’un été de chaleur et de sécheresse : le thermomètre y a atteint 37 °C par endroits en fin de semaine dernière, juste avant le déclenchement de l’incendie vendredi.
Au Luxembourg, un aveu qui tranche
Pour le Grand-Duché, l’épisode ne s’arrête pas à la frontière. Le nuage de fumée qui a recouvert le pays a provoqué une pollution atmosphérique inédite — et une polémique sur la façon dont la population en a été informée. Interrogé par RTL, le ministre de l’Environnement Serge Wilmes (CSV) a lâché ce que beaucoup attendaient : « Il est possible que tout ne se soit pas déroulé de manière optimale. »
Son explication : les services ont été confrontés à un phénomène totalement nouveau, des feux de forêt aux portes du pays et une fumée dense se déplaçant vite sur le territoire. Les protocoles existants, eux, avaient été pensés pour des incendies industriels ou urbains, pas pour une pollution transfrontalière venue de Belgique, de France ou d’Allemagne.
Volte-face du gouvernement
Cet aveu tranche avec le message diffusé lundi à l’issue du Conseil de gouvernement. Le ministère d’État écrivait alors : « À ce stade, aucune nouvelle mesure n’est envisagée, les dispositions actuelles étant jugées adaptées à la situation actuelle (…) Le gouvernement reste mobilisé et suit de près l’évolution de la situation. »
Le ton a changé depuis. Les administrations compétentes ont été chargées de revoir l’ensemble des procédures, avec une priorité claire : mieux informer la population sur la qualité de l’air en temps réel. De nouvelles stations de mesure pourraient par ailleurs être installées dans le nord du pays, la région la plus directement exposée aux fumées venues des Fagnes.
Concrètement, pour les résidents comme pour les frontaliers, cela signifie qu’un prochain épisode de ce type devrait s’accompagner d’une information plus rapide — c’est en tout cas l’engagement pris. Le ministre reconnaît que l’expérience de ces derniers jours devra être intégrée à l’analyse de la communication de crise.
Sources : RTL Infos, L’essentiel
Photo : RTL Infos
