Mort de Tony Gatlif, le cinéaste de Gadjo Dilo, à 77 ans

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Le cinéma français perd l’une de ses voix les plus singulières. Tony Gatlif, réalisateur de « Gadjo Dilo », est mort à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille à l’AFP vendredi matin. Il s’est éteint à Arles, dans les Bouches-du-Rhône, des suites d’un problème de santé, alors qu’il travaillait encore sur un projet de film historique.

Une enfance qui a nourri toute une œuvre

Né en 1948 à Alger d’un père kabyle et d’une mère gitane, Tony Gatlif a quitté l’Algérie à douze ans. De ce départ, il gardera une image obsédante : le « chaos du port que je voyais sans comprendre : tout le peuple pied-noir quittant l’Algérie ». Arrivé en France, il connaît la violence et l’errance. C’est aussi vers douze ans, lors d’un contrôle de police, qu’il change de nom pour éviter d’être renvoyé en Algérie : il s’approprie alors le nom d’un espace vert d’Alger, le parc Gatlif.

Le monde gitan comme fil rouge

Toute sa filmographie — « Latcho Drom », « Gadjo Dilo », « Geronimo », « Tom Medina » — aura chanté la musique et la liberté propres à la culture gitane. Peintre joyeux et désordonné de l’exil, il filmait le mouvement plutôt que l’installation, les routes plutôt que les intérieurs, et faisait de la musique un personnage à part entière plutôt qu’un simple habillage sonore.

Cette obstination lui a valu une reconnaissance internationale, couronnée en 2004 par le prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour « Exils ». Une récompense qui saluait moins un film isolé qu’une manière de faire du cinéma : caméra à hauteur d’homme, acteurs souvent non professionnels, et une énergie musicale qui portait le récit.

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Ses films continuent de circuler dans les salles d’art et d’essai et les cinémathèques de la Grande Région, où « Gadjo Dilo » et « Latcho Drom » restent des classiques de programmation. Tony Gatlif laisse une œuvre entière consacrée à ceux qui passent — et qu’on filme rarement.

Sources : Le Figaro

Photo : Le Figaro

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