Le scénario s’est répété une fois de trop à Fameck. Jeudi 3 septembre, les services de la mairie de cette commune du nord de la Moselle ont réceptionné un courrier adressé à leur maire, Michel Liebgott. À l’intérieur : de la poudre et des propos menaçants. L’élu, lui, n’était pas sur place.
Les agents municipaux ont immédiatement alerté les autorités. Ils avaient reconnu une écriture déjà observée dans de précédents envois.
Une déflagration pendant l’analyse
Le service de déminage de Nancy a été dépêché sur les lieux. Vers 15 heures, les spécialistes ont entrepris d’identifier la nature de la poudre à l’aide de différents produits réactifs. C’est là que tout a basculé : l’un des tests a provoqué une réaction chimique, puis une déflagration.
Deux démineurs ont été blessés, l’un au visage, l’autre à la main. Le premier a été pris en charge sur place par les pompiers ; le second a été transporté à l’hôpital Bel-Air de Thionville pour des examens auditifs.
« Cela doit être la quinzième »
Pour Michel Liebgott, maire de Fameck depuis 1989, ce courrier n’est qu’un épisode de plus. « Cela doit être la quinzième », confie-t-il, dépité. Selon les médias français, il s’agit au moins de la quinzième menace de mort reçue par l’élu en huit ans.
Les lettres, le plus souvent anonymes, contiennent des accusations incohérentes et politiquement orientées. Celle de jeudi accusait le maire d’être un « fondamentaliste qui soutient l’islam radical », comme un précédent courrier reçu en novembre dernier. Une autre lettre, en 2024, évoquait un « grand départ ».
Les enquêteurs soupçonnent un expéditeur unique, en raison de l’écriture et d’une mise en forme récurrentes. Aucune identification judiciaire n’a toutefois été confirmée à ce stade. Le maire devait déposer une nouvelle plainte ce vendredi. Il dit surtout « en avoir marre » : « C’est usant », résume-t-il, en pensant d’abord à ses collaborateurs, en première ligne à chaque ouverture du courrier.
Un dossier qui dépasse la Moselle
L’affaire ne se limite pas à une commune. Fameck se situe à quelques kilomètres de Thionville, dans un bassin d’où partent chaque jour des milliers de travailleurs vers le Grand-Duché. Ce nouvel épisode s’ajoute à une série d’agressions et de menaces visant des élus locaux, qui alimente depuis plusieurs années le débat sur la protection des maires en France.
Sources : RTL Infos, ici Grand Est
Photo : RTL Infos
