Le feu qui ravage le parc naturel des Hautes Fagnes, dans l’est de la Belgique, est entré mardi dans son cinquième jour. Près de 3 000 hectares ont déjà brûlé depuis vendredi, ce qui en fait l’un des incendies les plus importants de l’histoire récente du pays. Quelque 500 soldats du feu restent mobilisés sur un terrain difficile d’accès, tout près de la frontière allemande.
Refermer l’étau sur le brasier
L’objectif des secours tient en un mot : encercler. Les équipes ont travaillé toute la nuit de lundi à mardi pour relier le front est et le front nord, la jonction qui manque encore pour espérer venir à bout des flammes. « On parle d’un ou deux kilomètres, et on est en passe d’y arriver », a indiqué un porte-parole des autorités locales. Une fois la boucle fermée, les pompiers pourront progresser vers l’intérieur du périmètre au lieu de courir après les foyers.
La pluie n’éteint pas la tourbe
La pluie tombée mardi et la baisse des températures ont apporté un répit, pas une solution. Le sol des Hautes Fagnes est tourbeux : le feu s’y est enfoncé pendant le week-end et continue de couver en profondeur. Les précipitations n’ont pas suffi à détremper cette couche. Les pompiers déversent donc un maximum d’eau tant que la météo le permet, car le temps sec est déjà annoncé pour la suite.
L’autre inquiétude s’appelle le vent. Sur le plateau, les rafales sont fortes et peuvent réactiver un foyer en quelques minutes : le phénomène a été constaté dans les secteurs de forêt où il avait peu plu, le sol restant relativement sec.
Bénévoles et agriculteurs en renfort
Autour des pompiers, toute une région s’est organisée. Depuis le week-end, des bénévoles et des agriculteurs se relaient pour ravitailler les équipes et freiner la progression des flammes. Marcel Defrenne, de la Croix-Rouge belge, sillonne les points de contrôle avec son propre véhicule pour apporter eau, café, boissons énergétiques, sandwiches et repas chauds aux équipes épuisées. « La demande est énorme. Nous ramenons sans cesse de quoi boire et manger aux pompiers qui sont mobilisés depuis des heures », explique-t-il, incapable de chiffrer ce qui a déjà été distribué.
Pour le Grand-Duché, l’épisode ne s’est pas arrêté à la frontière : les fumées ont dégradé la qualité de l’air ces derniers jours, jusqu’à faire dépasser le seuil journalier de particules fines.
Sources : RTL Frontières, RTL Infos
Photo : RTL Frontières
